Les bienfaits de la Station spatiale internationale pour l'humanité

La station spatiale est témoin du tsunami dans le nord du Japon

Le 11 mars 2011, la côte est du Japon a été secouée par un tremblement de terre de magnitude 9 à Tohoku – un des séismes les plus puissants jamais enregistrés. Causée par un mouvement de faille entre la plaque tectonique du Pacifique et celle de l'Amérique du Nord, cette secousse a déclenché un tsunami qui a touché une bonne partie de la côte est de l'île de Honshu. En plus des pertes tragiques de vies humaines et des dégâts considérables aux immeubles, à l'infrastructure et à l'agriculture, le tsunami a endommagé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, ce qui a causé des fuites radioactives et, potentiellement, des dégâts écologiques à long terme.

L'équipage de la station spatiale a réagi à cette catastrophe et a capté plusieurs images utiles des inondations causées par le tsunami. Cette image, prise le 13 mars 2011, montre les eaux de crue le long de la côte japonaise au nord-est de Sendai. Un astronaute de l'ISS a pris cette image de Higashimatsushima à une altitude de 350 kilomètres (220 miles). Des eaux boueuses couvraient alors les agglomérations et les champs cultivés, et cernaient les pistes d'atterrissage entrecroisées de l'aéroport de Matsushima.

Les membres d'équipage de la station n'étaient pas que des témoins désintéressés de la tragédie. Bien au contraire, ils ont exprimé leurs préoccupations et leurs sympathies au peuple japonais dans des messages qu'ils ont transmis vers la Terre par l'intermédiaire de vidéos, de messages radio et de courriels.

Lors de la conférence de presse tenue à bord de la station spatiale le 13 avril, le cosmonaute Alexander Samokutyaev a déclaré, « la tragédie qui a ébranlé le monde entier, cette catastrophe naturelle qui a apporté tant de souffrance sur les îles du Japon a causé beaucoup de douleur dans le cœur de tous les Russes. Nos pays sont voisins et très proches l'un de l'autre, alors cette tragédie peut facilement se produire et toucher notre territoire aussi. En notre nom, je voudrais dire que j'aimerais que l'on améliore les capacités de surveillance. Nous disposerons peut-être de nouvelles capacités qui seront utilisées par les scientifiques partout dans le monde pour surveiller d'une nouvelle façon les catastrophes naturelles qui, Dieu nous en préserve, pourraient se produire n'importe où dans le monde ».

Pour sa part, l'astronaute Ron Garan a confié, « nous voulons souligner que la force de notre partenariat international découle du fait que nous sommes tous unis, pour le meilleur et pour le pire, et que nous nous soutenons les uns les autres ». Le séisme du 11 mars a causé de graves dégâts à des raffineries de pétrole, dont certaines ont pris feu. Par la suite, on a pu constater que des hydrocarbures flottaient sur l'eau de la baie d'Ishinomaki. Dans la photo ci-dessous, le reflet solaire – la lumière du Soleil réfléchie à la surface de l'eau – fait ressortir les nappes d'hydrocarbure qui lissent la surface et qui rendent l'eau plus réfléchissante. Dans cette image, les nappes d'hydrocarbures tendent à paraître moins foncées que les zones non touchées. Cependant, d'autres phénomènes peuvent faire paraître l'eau moins foncée encore, surtout à proximité des rives.

L'image met en lumière deux aspects uniques de la station pour l'observation de la Terre et l'intervention en cas de catastrophe. À l'aide de caméras portatives, les membres de l'équipage peuvent saisir le reflet solaire sur des plans d'eau avec une fréquence plus élevée que celle de la plupart des systèmes satellitaires – cela permet de mieux détecter et cartographier l'eau stagnante sur les terres et d'indiquer les endroits où des contaminants constituent une préoccupation pour l'environnement et la santé. Les images en couleurs réelles comme celles-ci, prises à différents niveaux de résolution, peuvent aussi être transmises aux intervenants sur place et elles sont faciles à comprendre puisqu'elles n'exigent que peu ou pas de traitement après la saisie.

La station est une plateforme de télédétection unique pour l'observation de la Terre, car elle est dotée de capteurs automatisés et actionnés par l'humain. Le « facteur humain » s'est avéré utile pour reconnaître les caractéristiques et les processus naturels – y compris les catastrophes – et en saisir des images, et pour fournir des vues qui viennent s'ajouter à celles d'autres imageurs, rehaussant par le fait même l'utilité des données de télédétection.

Photographie oblique des côtes du nord-est de Sendai, au Japon

Photographie oblique des côtes du nord-est de Sendai, au Japon, prise le 13 mars 2011, après l'inondation provoquée par un tsunami. Le reflet solaire indique la présence très répandue d'eaux de crue ainsi que des nappes d'hydrocarbures et autres débris à la surface de l'eau.(http://eol.jsc.nasa.gov/EarthObservatory/Tsunami_Japan_2011_glint.htm)

William L. Stefanov
Jacobs/Applications scienfiques, recherche et développement/Direction de la recherche sur les astromatériaux et de l'exploration spatiale
Centre spatial Johnson