Les bienfaits de la Station spatiale internationale pour l'humanité

L'Europe s'allie à des robots spatiaux

À mi-chemin entre les jeux vidéo et les films de science-fiction, un escadron robotique de satellites miniatures prendra vie à bord de la Station spatiale internationale et obéira aux ordres de jeunes élèves.

Pour la première fois, l'Agence spatiale européenne (ESA) participe au concours Zero-Robotics (http://www.nasa.gov/mission_pages/station/research/experiments/SPHERES-Zero-Robotics.html) organisé conjointement par la NASA et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui permet aux élèves du secondaire de programmer des robots pour effectuer des manœuvres autour de la Station spatiale internationale. Les satellites SPHERES (pour satellites expérimentaux de maintient de position, d'engagement et de réorientation ou Synchronized Position Hold, Engage, Reorient, Experimental Satellites) ont la taille d'un ballon de volley-ball et sont munis de leurs propres systèmes de propulsion, de contrôle et de navigation.

Le défi qui consiste à les contrôler à distance a débuté aux États-Unis, où un professeur audacieux du MIT s'est inspiré de la saga « La Guerre des étoiles » pour créer ces curieux robots. Ces engins spatiaux miniatures sont utilisés à bord de la station spatiale depuis 2006 pour faire l'essai de manœuvres autonomes de rendez-vous et d'amarrage.

Aujourd'hui, le vol en formation en apesanteur est un problème de programmation que doivent aussi résoudre des élèves européens. Jusqu'à 25 écoles d'états membres de l'ESA sont invitées à créer des programmes rivaux qui permettront de contrôler trois satellites SPHERES en temps réel autour de la station spatiale.

Un expert SPHERES local connaissant les exigences des robots en matière de codage sera affecté à chacune des écoles européennes. Parrainés par l'ESA, de nombreux professionnels universitaires de partout en Europe (Politecnico de Torino, universités de Padova, d'Aachen et de Berlin) ont été formés au MIT l'été dernier.

Ce concours ne consiste pas uniquement à envoyer une liste de commandes aux satellites. Les experts locaux se préparent à aider les élèves à acquérir des habiletés essentielles en ingénierie, telles que la résolution de problèmes, la réflexion entourant le processus de conception, la formation liée aux opérations et le travail d'équipe. Les résultats du concours pourraient mener à des avancées importantes dans le domaine de l'entretien des satellites et de l'assemblage de véhicules en orbite.

Les équipes américaines et européennes ont commencé à faire l'essai de leurs algorithmes dans des conditions réalistes, en septembre 2011. Elles se sont affrontées dans des rondes d'élimination, et les finales, tenues des deux côtés de l'Atlantique, se sont déroulées en décembre.

Les astronautes téléchargeront et exécuteront les logiciels des dix équipes gagnantes dans trois satellites SPHERES en apesanteur. La grande finale sera diffusée en direct du centre de technologie de l'ESA aux Pays-Bas, connu sous le nom de ESTEC. Cet événement sera unique en son genre puisqu'on prévoit y diffuser la vidéo en 3D, afin que l'on puisse apprécier la qualité du guidage, de la navigation et du contrôle des satellites SPHERES .

Ce n'est que le début de l'alliance entre l'Europe et les robots spatiaux, le premier maillon d'une chaîne de projets éducatifs mondiaux dans le cadre desquels la Station spatiale devient une plateforme scientifique commune pour les élèves du monde entier. Si le projet pilote s'avère une réussite cette année, l'ESA prévoit inclure un plus grand nombre de participants provenant de partout en Europe dans les prochains concours. Que la force soit avec eux!