Les bienfaits de la Station spatiale internationale pour l'humanité

Ajouter du sel? Surtout pas, s'il faut en croire les os des astronautes

L'ostéoporose est une maladie impitoyable qui réduit la qualité de vie de millions de personnes, et dont les coûts annuels, en Europe, s'élèvent à environ 25 milliards € (31 milliards $). Comme la maladie frappe surtout les personnes âgées, l'élévation de l'espérance de vie dans les pays développés se traduit par une augmentation des problèmes associés à l'ostéoporose.

Heureusement, la recherche effectuée dans l'espace pourrait bien changer la donne. Chez les astronautes de la Station spatiale internationale, on observe un développement accéléré de l'ostéoporose qui est attribuable à l'impesanteur, mais cet état est soigneusement maîtrisé et suivi d'une récupération de la masse osseuse perdue après le retour sur Terre.

L'étude de ce phénomène associé aux vols spatiaux de longue durée pourrait jeter un nouvel éclairage sur le processus de l'ostéoporose – caractérisé par la perte de calcium et la modification de la structure osseuse – et, ainsi, aider à mettre au point des méthodes pour vaincre cette maladie.

On sait depuis les années 1990 qu'il y a une rétention du sodium dans l'organisme lors des vols spatiaux de longue durée, sans qu'il n'y ait de rétention d'eau correspondante. Toutefois, les traités scientifiques niaient que cela soit possible. La « rétention de sodium dans l'espace » est devenue un sujet d'étude important.

Dans une série d'études, on a examiné la consommation de sel dans le cadre de simulations au sol et dans l'espace. On a non seulement constaté l'existence d'une rétention sodique (probablement dans la peau), mais aussi conclu que cet état pouvait perturber l'équilibre acide-base de l'organisme et le métabolisme osseux.

Par conséquent, une consommation élevée de sel entraîne une augmentation de l'acidité, laquelle peut accélérer la perte osseuse.

L'étude récente SOLO (qui tire son nom de SOdium LOad in microgravity) sur la rétention de sodium en microgravité, réalisée par l'Agence spatiale européenne, s'est intéressée tout particulièrement à cette question.

Neuf membres d'équipage, dont Frank De Winne et Paolo Nespoli de l'ESA, ont suivi des régimes à faible teneur et à teneur élevée en sel au cours de leurs vols de longue durée en 2010 et en 2011. Les résultats attendus pourraient montrer qu'il est possible de prévenir des effets négatifs additionnels soit en réduisant l'apport en sodium, soit en utilisant un simple agent alcalifiant pour contrer le déséquilibre acide.

Cette étude réalisée dans l'espace bénéficie directement à toutes les personnes sujettes à l'ostéoporose sur Terre.

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Petra Frings-Meuthen
Centre aérospatial allemand (DLR)
Institut de médecine aérospatiale
Physiologie spatiale
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Par: l'Agence spatiale européenne