Historique
Le mot « robot » est apparu pour la première fois en 1921 dans une pièce
de Karel Capek, Rossum's Universal Robots. On y parlait de machines intelligentes qui perdent pied lorsqu'on leur donne des
émotions et qui finissent par comploter pour détruire la race humaine.
Les robots deviennent populaires en 1926 grâce à Metropolis, un classique de la science-fiction dans lequel un
robot tueur (déguisé en femme séduisante appelée Maria) tente de détruire le monde.
Ce ne fut pas un très bon départ pour les relations hommes-robots!
Ce n'est qu'en 1942, lorsqu'Isaac Asimov commença à écrire sa série d'histoires sur les robots dans
lesquelles ces derniers étaient spécialement conçus pour servir l'homme, que nos opinions sur les robots ont changé.
Même si notre première introduction aux robots de fiction peut avoir évoqué la peur et la suspicion,
les vrais robots jouent maintenant un rôle essentiel dans notre vie quotidienne en contribuant à notre confort,
à notre santé et à notre sécurité.
Qu'est-ce qu'un robot?
Dans sa forme la plus élémentaire, le robot est une machine; mais ce qui distingue le plus facilement un robot
d'une machine ordinaire, c'est qu'un robot a l'air « intelligent ». Les robots semblent disposer d'un
certain degré d'intelligence. Nous concluons généralement à une certaine intelligence de la machine
à partir de son comportement ou de ses actions. En d'autres mots, la différence la plus importante
entre un robot et d'autres types de machines, c'est qu'un vrai robot peut démontrer un
comportement autonome
et intelligent.
On peut observer la capacité d'un robot élémentaire à faire preuve d'un « comportement
intelligent » grâce aux critères suivants :
- changement dans le temps : le robot doit exécuter une tâche à un moment précis
ou après un laps de temps prévu;
- changement de lieu : le robot doit exécuter une tâche à un endroit donné;
- changement d'environnement : le robot doit exécuter une tâche à une
température, à une pression, à un niveau de radiation prédéterminés.
Notez que dans tous les cas, le robot doit être programmé pour reconnaître les conditions qui lui
permettront de réagir avec un « comportement intelligent ».
Un robot réellement « intelligent » est celui qui peut modifier sa propre programmation (et donc
son comportement) pour s'adapter aux changements de conditions.
Robots et contrôle à distance
Il faut prendre garde de ne pas confondre les robots et les machines télécommandées. Ainsi, les avions
téléguidés ne sont pas réellement des robots étant donné qu'ils sont toujours
(espérons-le) sous le contrôle direct d'un observateur humain, alors qu'un simple grille-pain est un appareil
robotisé car il peut être programmé pour démontrer un comportement autonome intelligent (il
« éjecte » des rôties parfaitement grillées sans intervention humaine).
Les étonnants Canadarm et Canadarm2 sont des machines à la fois robotisées et contrôlées à distance.
Les robots élémentaires exécutent des tâches basées sur une ou plusieurs instructions qui
sont encodées, emmagasinées et suivies selon une séquence temporelle programmée.
Un robot complexe est programmé pour évaluer les conditions externes et peut modifier la séquence
d'événements en fonction des conditions externes du moment.
Trois principales catégories de robots
Dispositifs robotisés à commande directe.
Ce sont les types de robots les plus répandus, et un grand nombre d'entre eux font partie de nos vies. Ces
dispositifs robotisés à commande directe sont également connus comme des automates programmables
puisque leur intelligence apparente est acquise grâce aux instructions précises que nous y programmons.
Les fours à micro-ondes, les magnétoscopes et les ordinateurs ne sont que quelques exemples des
dispositifs robotisés à commande directe.
Dispositifs robotisés semi-autonomes.
Ce sont des dispositifs à commande directe ou télécommandés qui peuvent prendre des
décisions simples. Ainsi, les dispositifs robotisés semi-autonomes sont capables de détecter un
problème et de prendre les mesures appropriées pour résoudre celui-ci. Les dispositifs
robotisés plus « intelligents » peuvent même prévoir quand un problème
est susceptible de survenir (au moyen de la détection et de l'évaluation des conditions du moment), puis de
prendre les mesures voulues pour prévenir l'apparition de ce problème.
Le perfectionné Canadarm2 est le parfait exemple de ce type de robots. Il est si intelligent qu'il est capable
d'éviter les gestes susceptibles de causer des catastrophes comme une collision avec lui-même. Cette
faculté « d'autoprotection » lui permet de se prémunir contre d'éventuelles
fausses manoeuvres.
Dispositifs robotisés entièrement autonomes (robots véritables).
Ces robots sont capables d'évaluer toutes les conditions externes et de s'ajuster en conséquence. Aucun
robot entièrement autonome dans toutes ses activités n'a jusqu'ici été créé (il
relève encore de la science-fiction). Certains robots ont toutefois été conçus pour accomplir
de façon autonome certaines tâches.
Explorez votre voisinage à partir du ciel grâce à la robotique

Note aux enseignants
Ce projet est extrêmement facile à réaliser. Il nécessite du matériel peu coûteux et
facile à se procurer.
Cette activité peut servir de point central pour une grande partie de la mécanique (cinématique et
dynamique) en physique au secondaire à la fois au niveau débutant et au niveau avancé.
Pour les enseignants qui souhaitent intégrer cette activité dans un projet de mécanique pour le semestre,
des sujets pertinents sont suggérés à chaque étape de la construction du projet.
Il est fortement recommandé que les élèves tiennent un journal de bord de construction. Dans leur
journal, ils devraient noter en détail leurs observations, les résultats des expériences et de toutes les
conclusions qu'ils ont pu tirer de la construction de chacune des composantes de leur robot, ainsi que toutes les données
reliées à leur projet.
Ce projet de construction d'un appareil contrôlé robotiquement avec détecteur à distance,
attaché à une plateforme mobile (et parfois instable) a beaucoup de points en commun avec la conception d'appareils
similaires pour des applications spatiales. Cela donnera à votre classe tout un éventail de possibilités
d'expérimentation et de modification des plans. L'objectif premier de cette activité est de construire et de faire
fonctionner un appareil photo robotisé et, lors du processus de construction de l'appareil, d'explorer les
caractéristiques physiques de sa conception.
La plateforme de l'appareil photo robotisé est suspendue à un cerf-volant fait à la main (ou acheté
en magasin). L'appareil est capable de prendre des photos aériennes à un moment qui a été
programmé dans son « nanocerveau » avant le décollage.
L'altitude et la direction de l'image aérienne dépendent de la longueur du fil du cerf-volant et de l'orientation de l'appareil.
La photo ci-dessus montre l'appareil robotisé en l'air.
Le coeur de notre robot est un appareil jetable très petit et
léger. (En fait, notre appareil photo est un appareil recyclé, car on y remet une pellicule à l'usine
avant de le revendre au client suivant).
Il existe plusieurs types d'appareils de ce genre sur le marché.
Tous conviendront parfaitement bien pour ce projet.
Évitez les appareils jetables légèrement
plus chers avec un flash incorporé. La distance entre l'appareil photo et le sol est trop grande pour que le flash
puisse être efficace en cas de faible luminosité. Le flash ne sert qu'à alourdir l'appareil photo.
Dans toute application reliée au vol, qu'il s'agisse de cerfs-volants,
de ballons ou de navettes spatiales, la masse est votre plus grand ennemi!
L'un des avantages des petits appareils
jetables est leur faible masse véritablement remarquable.
Notre appareil pesait seulement 67 grammes.
Pour que la masse totale de notre appareil robotisé demeure aussi
petite que possible, et pour simplifier la construction, la structure de notre projet est composée d'une couche de
mousse isolante de 2,5 cm.
La mousse isolante est rose (quoique d'autres couleurs soient aussi disponibles) et a
une surface polie très dure. La mousse intérieure a une structure cellulaire assez petite, ce qui rend ce
matériau très solide et très léger.
La mousse isolante dure est disponible en grandes feuilles à un
coût modique.
N'utilisez pas de polystyrène blanc. Sa structure cellulaire interne est trop grosse
pour donner de la résistance au matériau. Il se casse trop facilement.
Il est important de connaître la capacité de levée de
votre cerf-volant avant de commencer.
Pour ce faire, utilisez un ensemble de poids standards. L'expérience a
montré que les cerfs-volants supportaient mieux les charges utiles lorsqu'elles étaient attachées au fil
du cerf-volant à environ 2 ou 3 mètres du point d'attache de ce dernier.
Si votre cerf-volant peut lever une masse de 250 grammes, il peut supporter
l'appareil jetable.
Les modèles de cerfs-volants sont très variés. Certains cerfs-volants ont
une levée importante, d'autres offrent de meilleures caractéristiques de vol et une plus grande stabilité.
Étudiez les capacités de levée de votre cerf-volant en fonction de la vitesse du vent.
Étudiez d'autres modèles de cerfs-volants.
Bien sûr, un robot ne serait pas un robot s'il ne
possédait pas un certain degré d'intelligence. Notre robot n'est pas très intelligent, il
« sait » seulement qu'après un certain temps, il doit déclencher l'obturateur de
l'appareil.
Le cerveau de notre robot (nous l'appellerons
nanocerveau puisqu'il n'est pas
très intelligent) est une petite minuterie mécanique extraite d'une minuterie de cuisine bon marché. Il
peut être programmé pour une durée de 60 minutes.

Un robot « plus intelligent » pourrait être équipé d'une minuterie
électronique ou même contenir un micro-ordinateur doté de capteurs de bord permettant au robot de prendre
des photos d'objets particuliers ou sous certaines conditions.
Nos minuteries (deux d'entre elles sont
montrées sur la photo) coûtent exactement deux dollars chacune (plus taxes) au rayon des articles de cuisine d'un
centre d'escomptes.
Vous devrez retirer le boîtier fantaisie de la minuterie. Retirez simplement le cadran et
les petites vis à l'arrière. Vous n'aurez plus qu'à extraire la minuterie.
Un ensemble de
petits tournevis pour le bricolage est nécessaire, car les vis qui tiennent la minuterie dans le boîtier sont
assez petites.

Une fois sortie de son boîtier, la minuterie est prête à
être utilisée.
Le nanocerveau (minuterie) doit être programmé pour
déclencher l'obturateur de l'appareil au moment approprié. Pour cela, il faut construire un déclencheur
comme illustré à gauche.
Les détails sur l'installation du déclencheur sont
expliqués plus tard, mais le concept de base est illustré ici.
Une vieille carte de crédit en
plastique fait une très bonne base de déclencheur. Elle a l'avantage d'être légère, solide
et, surtout, son coefficient de friction est faible (sa surface est très glissante).
Il est utile d'étudier les sujets suivants en rapport avec cette conception :
Les sources de friction.
Les coefficients de frottement statique et de frottement cinétique.
Les méthodes pour réduire la friction.
Le centre de la minuterie ressemble au schéma présenté
ici. Un bras de levier peut facilement être attaché avec le fil de fer d'un trombone tendu.
Une paire
de pinces à bec effilé sera utile.
Monter le mécanisme de déclenchement de l'obturateur demande
une préparation minutieuse.
Examinez attentivement le schéma. Notez l'alignement des
différentes composantes.
Ce projet requiert énormément d'élastiques. Prévoyez
une quantité suffisante.
L'idée principale est d'utiliser la base du
déclencheur pour éviter que le tenon du déclencheur ne presse sur le bouton de
l'obturateur de l'appareil. Le schéma de gauche illustre le principe.
Au fur et à mesure que la
minuterie déroule (dans le sens des aiguilles d'une montre), le bras en fer retire progressivement la base du
déclencheur du dessous du tenon du déclencheur, qui pressera ensuite sur le bouton de l'obturateur de l'appareil.

Pour programmer la durée de la minuterie, il suffit de tourner le
centre de la minuterie. Utilisez le cadran original et n'en retirez la minuterie que lorsqu'elle aura été
programmée.
Testez votre modèle minutieusement pour vous assurer qu'il fonctionne comme vous le
souhaitez. Faites les ajustements nécessaires.
Pour comprendre le mode de fonctionnement de la minuterie et
comment elle déclenche l'obturateur, analysez les concepts suivants :

La charge utile en vol est suspendue à un cerf-volant.
La
charge utile doit être conçue de manière à être à la fois stable
aérodynamiquement et extrêmement légère (voir ci-dessous).
Afin de minimiser toute
interférence avec les caractéristiques de vol du cerf-volant, la charge utile devrait être suspendue
à au moins deux mètres du cerf-volant. Il peut être utile et instructif de tester votre cerf-volant avec
une charge simulée avant de faire voler votre robot.
Des crochets à émerillons (ou bas de
ligne de pêche) sont nécessaires pour éviter que des noeuds se forment entre les fils du cerf-volant et de
la charge utile ou que les fils s'emmêlent.
Très important
Rappelez-vous :
ne faites jamais voler votre cerf-volant à des endroits où vous pourriez toucher des câbles aériens
ou lorsqu'il y a des risques d'éclair.
Stabilité aérodynamique
Le montage de l'appareil est suspendu à un long goujon en bois (ou de
plastique) d'environ un mètre de long (pas représenté à l'échelle sur le schéma).
Un grand carton ou un bristol (appelé
stabilisateur vertical) est attaché au bout
opposé du goujon pour servir de girouette et tourner l'appareil photo dans la direction du vent, comme illustré.
Pour apprécier complètement le projet, il faut étudier les concepts suivants :
Le moment d'inertie pour une tige solide et uniforme;
Le centre de pression (relié à l'écoulement de l'air) au-dessus et autour d'un avion ou d'une ailette;
Le centre de masse;
La relation entre le centre de masse et le centre de pression en regard de la stabilité aérodynamique.

L'appareil photo peut être « orienté »
pour prendre des photos dans différentes directions en fonction de la direction du vent.
Soyez prudent
lorsque vous changez le « centre de pression » de l'appareil photo robotisé quand il est
aligné pour prendre des photos à angle droit dans la direction du vent. Assurez-vous que l'ailette est
suffisamment grande!
Le centre de pression aérodynamique (sur le côté de la charge utile) doit
toujours être derrière le centre d'équilibre.
Si vous faites voler votre cerf-volant par vents
extrêmement turbulents, vous pouvez renforcer la stabilité en ajoutant un stabilisateur horizontal,
mais cela entraînera une charge supplémentaire. Notre charge utile n'avait pas besoin de cela.
Détails de la construction et du vol
» Instructions étape par étape
Préparé par l’équipe scientifique YES I Can! à l'Université McMaster,
pour l'Agence spatiale canadienne