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Des océanautes aux astronautes 

Vivre et travailler dans un environnement extrême

Vivre et travailler dans un environnement extrême signifie qu’il faut protéger les participants des dangers des changements rapides de pression, s’ajuster aux changements de perspective visuelle qui se produisent lorsqu’on regarde à travers divers matériaux optiques et établir des moyens de communication fiables et précis.

Ces préoccupations sont divisées en trois groupes :

  1. Travailler avec les gaz

    La compréhension de la loi de Boyle, de la loi des pressions partielles de Dalton et du comportement moléculaire des gaz aide les scientifiques à mieux connaître les dangers médicaux liés aux changements rapides de la pression des gaz ambiants. Elle aide également les chercheurs en médecine à élaborer des stratégies pour travailler dans des environnements gazeux inhabituels.

  2. Phénomènes optiques

    Le gros du travail d’un explorateur est de regarder à travers diverses matières optiques telles que l’eau, des lentilles et des fenêtres épaisses. Des problèmes sérieux peuvent se produire lorsque les effets optiques créent des changements imprévus dans la position spatiale des outils et des objets du milieu de travail de l’explorateur. Dans certains cas, des effets optiques imprévisibles peuvent rendre invisibles certains objets dangereux.

  3. Sons

    Des changements de propriétés acoustiques dans l’environnement de travail peuvent rendre des paroles simples difficiles à comprendre et même inintelligibles. Ces problèmes sont liés à la résonance acoustique à l’intérieur de l’environnement ou dans la cavité vocale humaine.

 

La solution la plus simple pour protéger les humains d’un environnement extrême est de placer les humains dans un contenant résistant et scellé (muni de l’équipement approprié pour la sécurité et le confort). Cette solution complique toutefois le travail dans l’environnement, même avec l’aide de la robotique. L’habitat d’Aquarius est un exemple de cette solution et permet aux humains de rester au fond de l’océan (à des profondeurs modérées) durant des séjours prolongés.

Idéalement, on aimerait travailler dans un environnement extrême avec un minimum d’équipement de survie encombrant afin d’avoir une liberté de mouvement et une bonne mobilité. Le simple équipement de plongée est un exemple de solution pour le travail sous l’eau. Malheureusement, il ne permet pas aux plongeurs de travailler à des profondeurs extrêmes, ni durant
de longues durées.

La combinaison de plongée de conception canadienne (appelée newtsuit) montrée sur l’illustration ci-dessus est conçue pour combiner les caractéristiques d’un contenant résistant et scellé (pour les plongées de longue durée en profondeur) et de la flexibilité (pour la mobilité et la liberté de mouvement).

Elle permet aux plongeurs de travailler jusqu’à huit heures à des pressions sous-marines d’environ 2 MPa (2 000 kPa), à plus de 300 m de profondeur.

Il est intéressant de noter que les exigences de conception de l’équipement utilisé pour vivre et travailler dans l’espace sont pratiquement les mêmes que celles de l’équipement de plongée. En fait, d’une certaine manière, les caractéristiques nécessaires pour l’équipement de plongée à de grandes profondeurs sont plus poussées que celles qui sont nécessaires pour des applications spatiales.

 

Julie Payette
Julie Payette
Dave Williams
Les astronautes et océanautes de l'ASC Dave Williams et Julie Payette
se préparent à travailler dans un environnement hostile.
Préparé par l’équipe scientifique YES I Can! à l'Université McMaster,
pour l'Agence spatiale canadienne