Le 20 novembre 1998, Zarya, le premier module de la Station spatiale internationale, était lancé sur orbite depuis Baïkonour, en Russie. Moins d’un mois plus tard, le module américain Unity était lancé à bord de la navette spatiale Endeavour pour être réuni au module russe à 400 km au-dessus de la Terre. Il faudra plus de 45 lancements de navettes spatiales et de fusées russes Proton avant que ne soient assemblés tous les éléments constituant la Station spatiale internationale, qui devrait être complétée en 2004.
Le nombre de personnes engagées dans la réalisation du plus imposant laboratoire spatial au monde est phénoménal. On compte des scientifiques, des ingénieurs et des astronautes venant de plus de 16 pays, dont le Canada, les États-Unis, la Russie, le Japon et 11 pays européens, qui ont contribué au développement de cette installation unique et qui continueront de le faire. À l'Agence spatiale canadienne, on qualifie ces personnes d’innovatrices et nous sommes fiers de dire que le Canada fait partie de ce groupe.
Le développement de la Station spatiale internationale est l’aboutissement de décennies de travail acharné, de créativité, d’innovation et du résultat de l’engagement de personnes ayant les pieds bien sur Terre, des scientifiques, des ingénieurs, des astronautes et des employés gouvernementaux visionnaires et voulant faire de notre planète un endroit où il fait vraiment bon vivre tant pour les Canadiens que pour le reste de l’humanité. C’est également le début d’une toute nouvelle ère prometteuse et porteuse d’occasions dans les domaines de l’exploration planétaire, de l’observation de la Terre, de la recherche médicale, du développement de technologies robotiques et de télécommunications par satellites de pointe.
L’être humain a toujours été novateur et doté d’une curiosité inégalée ainsi que d’une soif unique de compréhension du monde dans lequel il vit. Jetons un simple regard sur l’histoire d’exploration de l’espace par les hommes. Depuis la préhistoire, l’humain a toujours été fasciné par les millions de petits points brillants qui tapissent le ciel nocturne. Les premiers humains, ne faisant appel qu’à leurs yeux et à leur imagination, ont conçu des histoires entourant des représentations stellaires qu’ils se sont transmis de génération en génération. Plus tard, ils ont maîtrisé l’écriture et ont appris à reproduire sur papier la position des divers points lumineux dans le ciel. En rejoignant ces points par des traits, ils ont créé des images merveilleuses, mais peu d’entre eux ont réalisé que parmi ces millions de points lumineux, huit étaient des planètes en orbite dans notre système solaire. Les civilisations anciennes comme les Égyptiens, les Aztèques et les Mayas étaient, à leur manière, les premiers explorateurs spatiaux.
Galilée a été l’un des premiers scientifiques à faire preuve de réflexion prospective. Au cours des années 1700, Galilée a fait progresser l’exploration spatiale avec l’invention du télescope. Cette nouvelle technologie semblait rapprocher de la Terre des objets célestes comme les étoiles, les lunes et les planètes. Galilée a pu, pour la première fois dans l’histoire, faire des observations détaillées de la Lune, des « canaux » de Mars ainsi que de Jupiter et de ses quatre grosses lunes. Puis un jour, grâce à l’évolution de la technologie, l’Homme a été en mesure d’identifier neuf planètes dans son système solaire.
Y-a-t-il d’autres formes de vie ailleurs? Les questions de ce genre sont à l’origine du développement de nouvelles technologies dont certaines pour aider l’humanité à observer la Terre depuis l’espace, d’autres, comme les satellites de télécommunications, pour permettre à l’être humain de communiquer plus facilement et rapidement, ou encore pour lui donner la possibilité d’explorer notre galaxie.