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Les sciences de la vie

Dans l'industrie spatiale, les experts des sciences du domaine de la santé travaillent sur deux aspects : la recherche et l'appui clinique. Les chercheurs étudient les changements subis par le corps humain et d'autres organismes vivants dans des conditions d'apesanteur. Comment s'adapteront-ils à une vie en microgravité? Quels sont les impacts sur la santé? Ce sont des questions importantes à traiter pour d'éventuelles missions de longues durée dans l'espace. L'appui clinique, c'est tout ce qui entoure la santé et la sécurité des astronautes dans l'espace. On essaie également de répondre à des questions telles que : qu'est-ce qu'on fait si une urgence médicale survient dans l'espace?

Plusieurs sciences sont donc nécessaires pour faire avancer les connaissances scientifiques dans ce domaine, en voici quelques-unes :

Le microbiologiste est celui qui fait des recherches sur les microorganismes (virus, champignons, bactéries, etc.) pour contrer la propagation des microorganismes nuisibles ou pour trouver des applications à ses découvertes, surtout dans les domaines de la médecine (nouveaux médicaments) et de l'agriculture (levure pour alimentation animale). Il est intéressant pour les microbiologistes de faire des expériences dans un environnement de microgravité puisque de nouvelles découvertes peuvent être faites, des découvertes qui auraient été impossibles à réaliser sur Terre. Déjà, des expériences sur des cellules et des plantes ont été menées et elles ont permis de comprendre certains changements qu'on observe chez l'être humain dans l'espace.

La microbiologie t'intéresse? Voici quelques spécialités : 

  • Bactériologiste : étudie les bactéries.
  • Biologiste cellulaire : étudie les cellules.
  • Biologiste moléculaire : étudie les molécules.
  • Généticien : étudie les gènes et l'hérédité.
  • Pharmacologue : étudie les médicaments et leur emploi.
Expérience de cristallisation de protéines, visant à étudier comment fonctionne le système immunitaire, menée par Louis Delbaere de l'Université de Saskatchewan en 1992

Expérience de cristallisation de protéines
visant à étudier comment fonctionne le système
immunitaire, menée par Louis Delbaere de
l'Université de Saskatchewan en 1992.

Le kinésiologue contribue au maintien de la santé des astronautes en assurant un suivi personnalisé à chacun d'entre eux pour évaluer leur condition physique et leurs habitudes de vie. Il les conseille et planifie leur entraînement physique avec entre autres, des exercices spécifiques qui les aideront à combattre les effets de la gravité, par exemple la dégradation des os. Le kinésiologue peut également faire des recherches dans le domaine de l'activité physique et de la santé.

Le nutritionniste guide les choix alimentaires selon les principes de la nutrition en vue de promouvoir la santé par une saine alimentation. Il peut évaluer le comportement alimentaire et élaborer des menus de façon personnalisée en tenant compte de la valeur nutritive et de la qualité des aliments. Dans l'industrie spatiale, des recherches sont entreprises pour évaluer si un aliment typiquement canadien peut être consommé dans l'espace. Les aliments sont évalués selon divers critères, comme s'ils se conservent et se rangent facilement et s'ils ont une bonne valeur nutritive. Chaque pays participant à la Station spatiale internationale pourra ainsi faire partager un peu de sa culture culinaire avec les autres.

Fiche informative
Natalie Hirsh

Nom : Natalie Hirsh

Formation : baccalauréat en kinésiologie

Métier : kinésiologue

Lieu de travail : Agence spatiale canadienne,Saint-Hubert (Québec)

Natalie est une adepte de la forme physique et du sport depuis toujours, c'est cette passion qui l'a menée vers la kinésiologie. Elle a fait son baccalauréat à l'Université Simon Fraser et c'est lors de son stage qu'elle a eu la chance de découvrir le groupe de médecine spatiale opérationnelle de l'Agence spatiale canadienne.

À la suite de ce stage, elle a été choisie afin de travailler au sein de la petite équipe de médecine spatiale opérationnelle. « À l'ASC, nous ne sommes que cinq personnes à travailler dans ce groupe, mais nous avons formé un groupe d'experts venant de l'industrie privée et des centres de recherche qui nous prête main-forte », nous précise Natalie.

Concrètement, le travail de Natalie consiste à s'assurer que les astronautes restent en santé et en forme lorsqu'ils sont dans l'espace. Elle observe aussi s'il y a des problèmes qui surviennent lors de leur séjour et essaie de trouver des solutions. Quand les astronautes reviennent sur Terre, il y a une période de réadaptation puisque leurs muscles n'ont pas été beaucoup sollicités en état d'impesanteur. Natalie croit que la médecine spatiale est un domaine en croissance puisque les séjours dans l'espace seront de plus en plus longs grâce à la Station spatiale internationale.

Le conseil de Natalie : Il faut aimer les études parce que nous devons toujours garder nos connaissances à jour.

 

Les médecins veillent à la santé des astronautes. Ils participent à la planification des programmes d'entraînement que subissent les astronautes qui se préparent à partir en mission et ils surveillent l'état de santé des astronautes lorsqu'ils sont dans l'espace. Ils supervisent l'essai et l'élaboration de matériel de vol particulier qui sera utile au bien-être des astronautes comme la veste antigravité, qui aide à réduire les effets du mal de l'espace. Ils doivent donc travailler de pair avec les scientifiques et les ingénieurs.

Les médecins évaluent également les résultats d'expériences auxquelles se soumettent les astronautes pendant les missions spatiales. Comme le corps humain est sujet à diverses réactions aux conditions d'impesanteur, les astronautes font l'objet d'un examen médical à leur retour sur Terre, puis sont réexaminés quelques jours plus tard.

La médecine t'intéresse? Tu peux être...

Un médecin spécialiste en médecine de laboratoire qui étudie l'évolution des maladies chez les humains. Par exemple, un neurologue se spécialisera dans l'étude des maladies et des dysfonctions qui dérangent le système nerveux, un cardiologue dans les maladies du coeur et les problèmes de circulation sanguine. Il y a aussi les immunologues qui étudient le système immunitaire et les hématologues qui étudient le sang. Il existe un spécialiste pour chacune des fonctions du corps humain et les chercheurs dans ces champs de compétence peuvent faire des recherches en microgravité pour faire avancer les connaissances scientifiques dans leur domaine et peut-être trouver de nouveaux traitements.

Fiche informative
Douglas Watt

Nom : Douglas Watt

Formation : médecin et neurologue

Métier : professeur et chercheur en sciences de la vie dans l'espace

Lieu de travail : Université McGill, Montréal (Québec)

Le Dr Watt étudie depuis 1976 comment le système nerveux humain réagit lorsqu'il est exposé à l'impesanteur. Il a été responsable de la conduite de 15 expériences médicales lors de onze missions de la navette spatiale. Il est maintenant professeur à l'Université McGill et il continue ses recherches sur le mal de l'espace.

Pourquoi la science médicale? J'ai toujours voulu connaître comment les choses fonctionnaient et comprendre comment le cerveau fonctionne est sûrement le défi ultime!

Le conseil de Douglas : Sans les sciences et les mathématiques, les vols spatiaux n'auraient jamais été qu'un rêve!

 

Les psychologues du comportement en orbite mettent au point des expériences et étudient le comportement de l'être humain dans l'espace. L'impesanteur provoque plusieurs changements dans le corps humain; perte du sens de l'orientation et de l'équilibre, maux de dos, affluence du sang vers le haut du corps causant des maux de tête, etc. Comment les astronautes réagissent à ses effets? Les psychologues peuvent aussi étudier les effets sur le comportement des missions de longue durée, les conditions de stress élevé pendant le vol et l'exiguïté à bord des véhicules spatiaux habités

La télémédecine est un exemple de discipline reliant plusieurs professionnels de l'industrie spatiale. La télémédecine est possible grâce aux technologies de télécommunications mises au point par des ingénieurs et des scientifiques. Les technologies de l'information sont également de la partie et évidemment la médecine. À l'Agence spatiale canadienne, on étudie les possibilités d'utiliser la télémédecine advenant une urgence dans l'espace. Le cas est comparable à une urgence médicale dans le Grand Nord canadien où une personne peut être évacuée vers un grand centre en deux jours. Un astronaute aux prises avec un problème médical à bord de la Station spatial internationale pourrait être évacué vers la Terre en deux jours également. Que fait-on lors d'une urgence où le temps est compté? Avec la télémédecine, un médecin spécialiste pourrait être contacté et celui-ci pourrait indiquer au médecin de vol les mesures à prendre pour sauver la vie de l'astronaute en danger.

La télémédecine, en plus d'être une discipline où la collaboration entre plusieurs champs de compétence est nécessaire, est aussi une collaboration entre plusieurs industries du secteur aérospatial d'un bout à l'autre du pays. Entre autres, Collaborative Network Technologies et l'Université Memorial, dont la Faculté de médecine possède son propre centre de télémédecine et d'éducation, tous deux de Terre-Neuve, Télésat Canada à Gloucester en Ontario et Futureworks à Vancouver en Colombie-Britannique en sont quelques exemples.

Le texte suivant est un extrait d'Apogée, le journal électronique de l'Agence spatiale canadienne, qui traite des avantages de la télémédecine. 

Télémédecine : les technologies spatiales contribuent aux soins de santé dans les collectivités éloignées

Le Canada est le deuxième plus grand pays au monde, résultat : plusieurs de ses petites collectivités se trouvent parfois très isolées. Lorsqu'il est question d'administrer des traitements médicaux, cela peut présenter des risques. Mais les satellites arrivent à la rescousse... 

Les technologies de télécommunications implantées dans l'espace sont en voie de modifier rapidement l'exercice de la profession médicale. La télémédecine tire avantage des satellites de télécommunications pour acheminer à haute vitesse les données, les images, la voix et Internet. Les médecins traitants et les patients dans les localités éloignées ont ainsi accès aux opinions médicales des médecins spécialistes situés dans les établissements des grands centres urbains.

Ces applications innovatrices à la fine pointe de la technologie contribuent à l'instauration de nouveaux modes de prestation des soins de santé. L'information numérisée emmagasinée dans de gros ordinateurs est mise à la disposition de nombreuses localités éloignées. Les vidéoconférences permettent de mettre en communication des médecins généralistes et des spécialistes de diverses localités, qui sont en mesure de consulter les données et les images, et de mettre au point toute une gamme de traitements. Cela se traduit au bout du compte par des soins améliorés pour les patients éloignés des établissements des grands centres. Grâce à cette nouvelle technologie, un grand pas a été franchi dans la prestation de soins de santé aux collectivités éloignées comme au Labrador.

Source : APOGÉE, le journal électronique de l'Agence spatiale canadienne, novembre et décembre 2001