L'espace sur la route : l'astronaute Jeremy Hansen met un rover lunaire à l'épreuve

L'astronaute canadien Jeremy Hansen télécommande un rover sur le terrain analogue de l'Agence spatiale canadienne. Pour cet essai, Jeremy ne peut se fier que sur les caméras du rover pour guider celui-ci à travers une série d'obstacles. (Source : ASC)

L'astronaute canadien a une nouvelle fonction à ajouter à son impressionnant curriculum vitae : celle de pilote d'essai de rover. Le 19 juin 2013, Jeremy Hansen est devenu le premier opérateur de la démonstration technologique baptisée « L'espace sur la route ». Dans le cadre de ce projet, le rover et son pilote sont soumis à une série d'exercices effectués dans des conditions réalistes afin de déterminer les façons les plus efficaces et intuitives, pour un astronaute, de commander un rover sur la surface de la Lune.

Comme son nom le suggère, « L'espace sur la route » est une station de commande de rovers portative — un trousse pratique contenant tout ce qu'il faut pour piloter un rover — qui permet à un opérateur de faire fonctionner n'importe quel rover de l'Agence spatiale canadienne (ASC) à partir de n'importe quel endroit dans le monde. Pour sa première mission, Jeremy a télécommandé le rover à partir d'un endroit éloigné situé à l'ASC, en utilisant uniquement les caméras embarquées et une carte altimétrique numérique. Pour les prochains essais, l'ASC fera simplement parvenir « L'espace sur la route » à Jeremy afin qu'il puisse mener à bien ses missions à partir de n'importe où dans le monde.

Votre mission, si vous l'acceptez….

Voici les indications reçues par Jeremy au début de la simulation :

« Le rover vient de se poser à la surface de la Lune dans une région qui, selon ce qu'indiquent les images satellites, comporte des éléments de relief dignes d'intérêt. L'objectif de la mission est d'étudier ces éléments en explorant, de façon sécuritaire, les collines et le terrain rocheux situés aux alentours du site d'atterrissage. Pour réussir votre mission, vous devez prendre une photo en plan rapproché (à une distance d'environ 50 cm) de six cibles scientifiques, en utilisant la caméra panoramique-basculante> avec zoom du rover. Bonne chance, contrôleur. »

Afin que la mission soit le plus réaliste possible, l'équipe des rovers de l'ASC a créé un léger retard dans les communications (variant de 1 à 3 secondes) et prévu une bande passante très limitée (seulement 100 kbps!) pour simuler les conditions réelles d'une communication directe entre la Terre et la Lune. Jeremy est parvenu avec succès à guider le rover sur le terrain et à photographier les six cibles scientifiques. Les défis à relever allaient de la simple prise de photos du site d'atterrissage à la tâche plus ardue de manœuvrer le rover avec précaution dans des passages si étroits qu'il ne pouvait en sortir qu'en reculant.

Les prochaines étapes de « L'espace sur la route »

Les essais effectués par Jeremy serviront non seulement à déterminer les interfaces, l'équipement et les méthodes qui permettront le mieux d'exploiter les rovers, mais ils feront également office de répétition pour le prochain segment des essais de « L'espace sur la route », qui se déroulera en juillet 2013. Une équipe de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), qui travaille sur les pentes d'un volcan à Hawaï, utilisera alors la trousse de l'ASC pour télécommander un rover situé sur le terrain analogue de l'ASC. Cette simulation aura lieu à l'occasion d'un essai sur le terrain mené par la NASA pour évaluer de nouvelles techniques d'exploration de la surface lunaire, et plus particulièrement des techniques visant la recherche de glace lunaire.

Journal de bord de Jeremy pour « L'espace sur la route »

« Le scénario m'obligeait à piloter le rover à distance en utilisant uniquement les caméras embarquées. Ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît, car il y a un retard entre le mouvement du rover et l'image qui s'affiche sur la station de commande. Il faut donc piloter avec beaucoup de précaution afin de ne pas faire tomber le rover dans un cratère, ou dans un cratère simulé à l'ASC! J'ai utilisé des cartes altimétriques numériques et l'équivalent d'images satellites pour m'aider à réaliser les six tâches exploratoires qui m'avaient été assignées, pour photographier des zones d'intérêt scientifique et pour ramener le rover à bord de son atterrisseur virtuel à la fin de la journée. Aujourd'hui, j'ai une fois de plus fait l'expérience de l'ingéniosité et de l'excellence de l'Agence spatiale canadienne. Beau travail! »

Liste des photos

L'astronaute canadien Jeremy Hansen télécommande un rover sur le terrain analogue de l'Agence spatiale canadienne. Pour cet essai, Jeremy ne peut se fier que sur les caméras du rover pour guider celui-ci à travers une série d'obstacles. (Source : ASC)

Une photo aérienne du site analogue de l'ASC est utilisée pour simuler une image satellite du « site d'atterrissage » du rover, lequel est indiqué par un ovale rouge. La première tâche de Jeremy était de déterminer que le rover avait bel et bien atterri à l'endroit prévu. (Source : ASC)

En compagnie d'un instructeur, l'astronaute canadien Jeremy Hansen passe en revue le plan de vol de l'essai réalisé dans le cadre du projet de démonstration technologique « L'espace sur la route ». (Source : ASC)

Le rover de l'Agence spatiale canadienne (arborant le drapeau canadien!) lors du premier essai de « L'espace sur la route ». Au moment où la photo a été prise, le rover était télécommandé par l'astronaute canadien Jeremy Hansen (non montré) depuis un endroit éloigné. (Source : ASC)

La télécommande (un terme utilisé dans le domaine spatial pour désigner la commande à distance d'un robot ou d'un rover à partir d'un endroit éloigné) n'est pas aussi simple qu'un jeu vidéo. Dans le cadre de l'essai de démonstration « L'espace sur la route », l'astronaute canadien Jeremy Hansen a dû conduire ce rover à travers le terrain analogue en se dirigeant uniquement à l'aide des caméras embarquées, dont l'une est clairement visible sur cette photo (le dôme couvert de mirroirs suspendu au centre de la barre horizontale, au-dessus de la plateforme du rover). On peut voir le site d'atterrissage simulé pour l'essai à l'arrière-plan, dans le coin supérieur gauche de la photo. (Source : ASC)

Mission réussie! Après avoir terminé l'essai de démonstration de « L'espace sur la route », l'astronaute canadien Jeremy Hansen s'est rendu sur le terrain analogue pour voir le rover de près et pour faire quelques essais de pilotage, afin de comparer la conduite à distance avec la conduite directe à l'aide d'une commande manuelle. (Source : ASC)