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Simuler Mars sur Terre

Le projet Haughton-Mars : préparer une expédition humaine

L'île Devon et le cratère de Haughton sont situés à 180 km au nord-est de Resolute Bay. (Image : NASA)

L'île Devon et le cratère de Haughton sont situés à 180 kilomètres au nord-est de Resolute Bay. (Image : NASA)

L'île Devon – la plus grande île inhabitée sur Terre – est un désert rocheux du Grand Nord canadien où l'été ne dure que cinq semaines et au cours duquel la température moyenne n'est que de 2 ºC. C'est le cadre presque parfait pour des expériences de simulation de conditions de vie sur Mars en raison du climat, de l'éloignement et des similarités géologiques, environnementales et biologiques qu'il offre avec Mars. L'éloignement géographique permet aux scientifiques d'y étudier les effets de l'isolement et de faire l'essai de technologies utilisées dans un contexte exempt d'électricité, d'infrastructures et de moyens de communication traditionnels.

Voilà pourquoi l'équipe scientifique multidisciplinaire du projet Haughton-Mars de la NASA a choisi Devon. Cette équipe formée de représentants de plusieurs pays entend mener des travaux préparatoires en vue d'une mission spatiale habitée de longue durée.


Situé sur l'île Devon, le cratère de Haughton, formé il y a 20 millions d'années, a été préservé des intempéries grâce au climat sec du Grand Nord et ressemble à certains cratères martiens. L'étude du cratère de Haughton est essentielle pour trouver des façons d'optimiser les ressources limitées dans les régions hostiles. Comment se nourrir au cours d'une mission de deux ans sans avoir à transporter à bord d'une navette spatiale des tonnes d'aliments?

La serre martienne Arthur Clarke est un don fait en 2002 par SpaceRef Interactive Inc. au projet Haughton-Mars. SpaceRef et d'autres partenaires, notamment les utilisateurs actuels de la serre, soit l'Université de Guelph et l'Agence spatiale canadienne, ont érigé le bâtiment sur l'île Devon, dans le Grand Nord canadien, à l'été 2002. La serre produit maintenant des végétaux qui pourraient servir d'aliments aux éventuels occupants d'une base martienne. Cette construction robuste et autonome produit présentement de la laitue à titre expérimental grâce à un système de culture ingénieux conçu au Canada.

Le camp servant de base au projet Haughton-Mars tel que vu de la piste d'atterrissage à l'arrivée de l'équipe de l'été 2003.

Le camp servant de base au projet Haughton-Mars tel que vu de la piste d'atterrissage à l'arrivée de l'équipe de l'été 2003.

(Photo : NASA Haughton-Mars Project)
Alain Berinstain, de l'ASC et de l'Université de Guelph, est le chercheur principal responsable de la serre. En juillet 2003, il s'affairait à installer un circuit de capteurs à l'arrière de la serre.

Alain Berinstain, de l'ASC et de l'Université de Guelph, est le chercheur principal responsable de la serre. En juillet 2003, il s'affairait à installer un circuit de capteurs à l'arrière de la serre.

(Photo : NASA Haughton-Mars Project)
Antichambre temporaire de la serre en cours de construction pendant l'été 2003. Elle servira à diminuer le choc thermique pendant la période d'essai.

Antichambre temporaire de la serre en cours de construction pendant l'été 2003. Elle servira à diminuer le choc thermique pendant la période d'essai.

(Photo : NASA Haughton-Mars Project)
Partie du système de surveillance et de contrôle de la serre nouvellement installé à l'été 2003.

Partie du système de surveillance et de contrôle de la serre nouvellement installé à l'été 2003.

(Photo : NASA Haughton-Mars Project)
Nouvelles pousses de laitue à l'abri dans la serre.

Nouvelles pousses de laitue à l'abri dans la serre.

(Photo : NASA Haughton-Mars Project)

La serre martienne Arthur Clarke a été offerte gratuitement au projet Haughton-Mars (HMP) par la société SpaceRef Interactive Inc. et installée au camp de base du HMP (maintenant baptisé Station de recherche HMP) avec l'appui financier initial de la NASA. Elle est aujourd'hui gérée et exploitée par le Mars Institute, de concert avec le SETI Institute et l'Université Simon Fraser. M. Alain Berinstain, de l'Agence spatiale canadienne et de l'Université de Guelph, est le chercheur principal pour ce projet. Les expériences en cours dans cette installation sont appuyées par l'Agence spatiale canadienne, l'Université de Guelph, l'Université Simon Fraser et le SETI Institute.