Résumé de la mission

C'est au cours de la mission de l'atterrisseur martien Phoenix que la région arctique de Mars a été explorée pour la première fois à partir de la surface même de la planète. Phoenix a été lancé du Centre spatial Kennedy à bord d'une fusée Delta II à 5 h 26 HAE, le 4 août 2007. Le 25 mai 2008, il s'est posé à proximité de la calotte polaire de l'hémisphère Nord, dans une région appelée Vastitas Borealis, où il a continué de fonctionner avec succès pendant plus de cinq mois (ce qui bien au-delà de sa durée de vie prévue de 90 jours).

Phoenix a utilisé son bras robotique de 2,35 mètres pour creuser le sol et prélever des échantillons qui ont été analysés à même son laboratoire embarqué. Parmi ses premiers résultats, Phoenix a confirmé la présence de glace d'eau sous la surface martienne, ce que l'orbiteur Mars Odyssey de la NASA avait d'abord détecté à distance en 2002. Les caméras de Phoenix ont également transmis plus 25 000 prises de vue, allant de scènes de vastes étendues à des images à l'échelle quasi atomique, captées à l'aide du premier microscope à force atomique jamais utilisé ailleurs que sur Terre.

Les réalisations scientifiques préliminaires de Phoenix font avancer les recherches visant à déterminer si le milieu arctique martien à déjà été favorable à la vie microbienne. Les analyses effectuées par Phoenix ont permis de découvrir notamment, la présence d'un environnement où le sol est légèrement alcalin et différent de ce qui a été découvert lors de missions précédentes sur Mars, de faibles concentrations de sels qui pourraient servir de nutriments nécessaires à la vie, de sel perchloraté susceptible d'agir sur les propriétés de la glace et du sol et enfin de carbonate de calcium, qui se veut un indicateur des effets de l'eau liquide.

La mission Phoenix a marqué une première pour le Canada. Il s'agissait en fait de la première fois que le Canada, en tant que nation, se posait à la surface de Mars. Le Canada a contribué au module Phoenix une station météorologique qui enregistrait les données météo quotidiennes au site d'atterrissage. Cette station, qui a très bien fonctionné pendant toute la durée de la mission, a amorcé son travail quelques heures seulement après l'atterrissage. Ses instruments ont mesuré la température et la pression sur Mars et ont sondé les nuages, le brouillard et la poussière dans la basse atmosphère martienne. Et plus particulièrement, l'instrument lidar qui équipait la station a permis de confirmer qu'il neige sur Mars en détectant des flocons de neige tombant de nuages situés à environ 4 kilomètres d'altitude au dessus du module. Fourni par l'Université d'Aarhus au Danemark, le capteur de vent installé au sommet du mât de la station a également mesuré la vitesse et la direction du vent et détecté la présence d'au moins un tourbillon de poussière au point où l'engin s'était posé.

Logo de la mission Phoenix

Logo de la mission Phoenix (Image : NASA, Université de l'Arizona, Isabelle Tremblay, ASC)