Mystères environnementaux de Mars

Au cours des cinq dernières décennies, nous avons envoyé sur Mars des robots d'exploration dans le but d'y trouver des traces de vie, d'y chercher de l'eau et de comprendre les changements climatiques à long terme qui s'y sont produits.

Des centaines de milliers d'images envoyées à la Terre lors de diverses missions à destination de Mars brossent le portrait d'un monde qui a très bien pu ressembler à la Terre, avec un climat chaud, de l'eau en abondance et peut-être même une vie microbiologique. Toutefois, Mars est aujourd'hui un monde froid, couvert de déserts balayés par les vents, d'anciens lits de rivière desséchés et de volcans éteints.

Il s'est produit sur la planète des événements qui ont contribué à la création des conditions environnementales actuelles. Des études sur le cycle de l'eau sur Mars pourraient permettre de lever le voile sur les mystères entourant le passé et le climat de la planète.

Mars a une taille correspondant à la moitié de celle de la Terre, mais a cependant la même superficie de terrain. Son atmosphère ténue est presque entièrement constituée de dioxyde de carbone. La pression atmosphérique correspond à seulement un pour cent de celle qui règne sur Terre, et les températures sont extrêmement basses : il fait sur Mars entre -87 °C la nuit et -25 °C le jour. À la surface, il ne peut y avoir d'eau à l'état liquide, et dans ces conditions, la glace se transforme en vapeur.

De l'eau sur Mars : l'effervescence monte

Des indices fournis par des missions martiennes de rovers et d'orbiteurs laissent supposer que la planète rouge a abrité de l'eau liquide en abondance dans un passé lointain et qu'aujourd'hui encore, elle recèle de l'eau sous forme de glace mélangée au sol, gelée dans les calottes polaires et éjectée dans l'atmosphère.

De superbes images transmises par la sonde Mars Global Surveyor (disponible en anglais seulement) montrent à la surface ce qui ressemble à de l'eau liquide en train de former des rigoles sur les flancs de cratères.

Pour trouver de l'eau, il suffit de savoir où chercher.

L'équipe scientifique de la mission Phoenix estime qu'à l'intérieur d'un mètre de la surface, le sol arctique, où l'atterrisseur prélèvera ses échantillons, pourrait être composé à 80 pour cent de glace d'eau. Phoenix prendra donc la relève de l'orbiteur Mars Odyssey, à qui l'on doit la découverte de glace d'eau à proximité de la surface dans cette région, afin de confirmer la présence de ce réservoir potentiel.

Phoenix est doté d'un bras robotique capable de creuser des tranchées de 100 centimètres de profondeur dans le sol gelé. Grâce à une caméra fixée au poignet du bras, les scientifiques observeront le sous-sol martien pour la toute première fois. Ils espèrent trouver des indices de fonte périodique et vérifier la présence de signatures chimiques associées à la vie.

Phoenix

Exemple de rigole s'étant formée le long de la paroi d'un cratère. (Photo : NASA)

Phoenix

Région polaire de Mars et site d'atterrissage de la mission Phoenix. (Image : NASA)

Phoenix

L'atterrisseur Phoenix. (Image : NASA)

carte Topographique

Carte topographique de Mars avec l'emplacement des missions passées et actuelles. (Photo : NASA)

Eau sur mars

Comme le montre cette vue d'artiste, il y a déjà eu sur Mars assez d'eau pour former un océan planétaire profond de plusieurs centaines de mètres. Mais où est passée cette eau?
(Illustration : NASA/Greg Shirah)