L'histoire de l'exploration de Mars

Interroger la planète Mars pour mieux la découvrir

Mars

La première image couleur transmise par Viking 1.

On l'observe, on l'étudie, on en rêve, la planète Mars a toujours été un sujet de prédilection pour les astronomes et les amateurs d'étoiles. Néanmoins, l'intrigante planète rouge se garde bien de révéler tous ses mystères, même si les scientifiques n'ont jamais été aussi près de découvrir ce qu'elle cache. Remontons le fil de l'histoire pour voir comment la planète rouge s'est livrée à nous.

Il est permis de penser que les sociétés anciennes ont considéré Mars comme étant un phare rougeâtre dans le ciel nocturne, mais qu'elles n'ont laissé aucune trace de leurs observations ou de leur conception de la planète. Cependant, lorsque les Égyptiens observent un petit disque rougeâtre dans le ciel, ils se rendent vite compte de la particularité de cet astre lorsqu'ils remarquent que la planète semble revenir sur ses pas en raison de son mouvement rétrograde. On rapporte également ce comportement particulier de Mars par rapport à celui des autres corps célestes peuplant la voûte stellaire chez tous les grands peuples de l'Antiquité.

Plus tard, au dix-septième siècle, on commence à mieux connaître et comprendre la planète rouge grâce aux observations de l'astronome danois Tycho Brahe. Les calculs de Brahe sur la position de Mars dans le ciel nocturne permettent à l'Allemand Johannes Kepler d'énoncer les deux premières lois, dites de Kepler, établissant les relations mathématiques qui régissent le mouvement des planètes. En 1609, Galilée devient le premier à observer Mars à l'aide d'un télescope.

Les dix-septième et dix-huitième siècles voient s'élargir le spectre des connaissances sur la planète rouge. On détermine, entre autres, la durée d'un jour martien et la valeur de l'inclinaison de l'axe de Mars. Naissent aussi les premières cartes géographiques de la planète. Notre voisine planétaire se révèle à nous peu à peu.

L'engouement pour Mars s'intensifie au vingtième siècle alors qu'on s'approche un peu plus de la planète en dépêchant des explorateurs robotisés sur place. En 1964, Mariner 4 devient le premier engin spatial à montrer la surface martienne d'aussi près grâce aux clichés qu'il envoie vers la Terre. Les sondes Viking 1 et 2 franchissent une nouvelle étape lorsqu'elles foulent le sol martien en 1976. Cette première mission à se poser sur la planète rouge doit déterminer s'il y a de la vie. Les expériences sont peu concluantes, mais, à la surprise des scientifiques, on découvre que les éléments composant le sol martien sont actifs chimiquement tout comme sur la Terre.

Au tournant du millénaire, les robots Mars Pathfinder et Mars Global Surveyor (MGS) préparent la venue d'une série de géologues robotisés nouveau genre. À l'aide de ses caméras haute résolution, MGS cartographie avec précision la surface martienne, ce qui permet à la NASA d'évaluer différents sites d'atterrissage pour les missions à venir. Ainsi, les rovers d'exploration de Mars Spirit et Opportunity (atterrissage en 2004), et Phoenix (en 2008), poussent l'exploration martienne vers de nouveaux sommets en découvrant des indices tangibles de la présence d'eau sur Mars. La découverte de minéraux ayant subi l'influence d'eau par Opportunity et de glace d'eau par Phoenix viennent confirmer les hypothèses de plusieurs scientifiques voulant qu'il y a, ou qu'il y aurait déjà eu, de grandes quantités d'eau sur Mars.

Au fil des années, l'observation s'est transformée en exploration qui, à son tour, est devenue de l'expérimentation scientifique. Avec les laboratoires mobiles qu'on envoie maintenant sur Mars, on cherche à savoir s'il y a de la vie et si on pourrait y habiter un jour. Le succès des dernières missions d'exploration martienne annonce un nouveau jalon en matière d'exploration. Les chercheurs continuent de scruter et de sonder la surface martienne dans l'espoir que la planète rouge livre ses derniers secrets.