Mars : l'histoire internationale des missions passées

Les tentatives en vue d'explorer la planète rouge ont été ponctuées de nombreux échecs, surtout durant les premières décennies de l'ère spatiale. Ce relevé témoigne des embûches multiples de l'exploration planétaire et de la persévérance des chercheurs russes, américains, japonais, européens et canadiens qui lancent des sondes et des instruments vers Mars depuis plus de quarante ans.

Les années 70 et 80 : la course vers Mars

1971

9 maiMariner 8, successeur de Mariner 3 (1964), retombe dans l'atmosphère terrestre peu après son lancement à cause de problèmes au décollage. La sonde s'abîme dans l'océan Atlantique, à 560 km au nord de Puerto Rico. Sa mission devait l'amener en orbite autour de Mars pour en prendre des images.

10 mai – La course s'accélère entre les Américains et les Soviétiques. Cosmos 419, un orbiteur de l'URSS, essaie de prendre de vitesse la sonde Mariner 8 lancée par les États-Unis seulement un jour plus tôt! L'engin spatial emporte à son bord un instrument de la France pour mesurer le rayonnement solaire. Mais une erreur de programmation de la minuterie d'allumage empêche le moteur de fonctionner : il a été programmé pour démarrer 1,5 an après la mise en orbite de la sonde autour de la Terre, au lieu de 1,5 heure! Cosmos 419 retombe dans l'atmosphère terrestre dans les jours qui suivent.

Dès 1962, le nom « Cosmos » est donné aux engins spatiaux soviétiques qui demeurent en orbite autour de la Terre, peu importe leur destination. En effet, les missions interplanétaires de l'URSS étaient d'abord stationnées sur l'orbite terrestre qui leur servait de plateforme de lancement. Les sondes étaient alors propulsées sur leur trajectoire par l'allumage de leur moteur. Si celui-ci avait la malchance de ne pas fonctionner, la sonde était laissée en orbite autour de la Terre et désignée sous l'appellation de Cosmos.

Mars-3

Mars 3 (Source : NASA)

19 et 28 mai – Les sondes identiques Mars 2 et 3 sont lancées par les Soviétiques à quelques jours d'intervalle. Elles doivent acquérir des images de la surface et des nuages de la planète rouge, déterminer la température qui y règne et enregistrer les vents solaires. Les sondes orbitales sont équipées d'un atterrisseur. Les manoeuvres d'atterrissage ne réussissent pas, mais les orbiteurs transmettent une quantité importante de données, et ce, jusqu'à la fin de leur mission en 1972.

Mariner 7

Le 30 mai 1971, des techniciens effectuent les dernières vérifications avant l'encapsulation de Mariner 9 à bord d'une fusée Atlas-Centaur à Cap Kennedy. Mariner 9 devient six mois plus tard le premier satellite artificiel de Mars. (Source : NASA)

Mariner 9

Mariner 9 (Source : NASA)

30 maiMariner 9 révolutionne les théories scientifiques concernant la géographie de Mars, longtemps considérée semblable à celle de la Lune, caractérisée par la présence de cratères et hostile à toute forme de vie. Au début de 1972, après une longue tempête de poussière, Mariner 9 révèle un univers géologique tout à fait différent de ce qui a été pris en images au cours des missions précédentes. La sonde transmet 7329 photos au cours de sa mission qui s'est terminée le 27 octobre 1972. L'engin orbite maintenant autour de la planète et ne devrait pas entrer dans l'atmosphère martienne avant les 20 prochaines années.

1973

Mars 4 et 5

Mars 4 et 5 (Source : NASA)

Mars 6 et 7

Mars 6 et 7 (Source : NASA)

La mission soviétique Mars 4 n'obtient pas les résultats escomptés mais acquiert quand même de nouvelles données sur la planète rouge, dont les premières sur l'ionosphère de la face cachée de Mars. En fait, les fusées qui doivent ralentir Mars 4 à son approche de la planète ne s'allument pas et l'engin passe à 2200 km de son objectif. Après ce survol manqué, la sonde continue de transmettre des données en orbitant autour du Soleil.

Contrairement à la sonde précédente, Mars 5 réussit son insertion sur l'orbite de Mars et transmet à la Terre plus de 60 images sur une période de neuf jours. Une perte de pression empêche pourtant la sonde de poursuivre sa mission.

Mars 6, lancée la même année, ne parvient pas à de meilleurs résultats que ceux de Mars 4 : la communication radio avec son atterrisseur s'interrompt 224 secondes après son entrée dans l'atmosphère martienne. Cette mission s'inscrit malgré tout dans les annales de l'exploration interplanétaire grâce aux premières données qui sont transmises depuis la surface de Mars.

Enfin, la sonde Mars 7 manque son but : son atterrisseur se sépare de l'orbiteur quatre heures trop tôt et rate la planète de 1300 km. L'orbiteur et l'atterrisseur orbitent maintenant autour du Soleil.

1975

Viking 1 (orbiteur)

Viking 1 (orbiteur) (Source : NASA)

Viking 1 (atterrisseur)

Viking 1 (atterrisseur) (Source : NASA)

photo de Viking 1

Une photo de Viking 1 qui a marqué l'histoire. (Source : NASA)

Mariner 7

Cette photo a été prise par l'atterrisseur Viking 1. La roche à gauche de la photo a environ 2 mètres de largeur et a été nommée Big Joe par l'équipe scientifique responsable de la mission. Sa couleur, semblable à celle des roches basaltiques sur Terre, laisse croire qu'elle est peut-être formée d'un morceau de lave refroidie qui aurait été éjecté d'un cratère sous l'impact d'un météore. (Source : NASA)

Les sondes orbitales américaines Viking 1 et 2 transportent chacune à leur bord un atterrisseur. C'est Viking 1 qui réussit la première l'exploit de se poser sur Mars. Les images font découvrir au monde entier un milieu rempli de volcans, de plaines, d'immenses canyons, de cratères, de paysages sculptés par le vent et révèlent pour la première fois des indices de la présence passée d'eau. Les orbiteurs Viking 1 et 2, quant à eux, permettent une meilleure compréhension de la composition du noyau de Mars.

Les années 80 : les années de répit

1988

Phobos 1 et 2

Phobos 1 et 2 (Source : NASA)

Phobos 1 et 2 sont deux sondes soviétiques destinées à étudier Phobos, une lune de Mars qui serait en fait un astéroïde capturé par le champ gravitationnel de la planète. Les deux sondes transportent chacune deux modules d'atterrissage. L'ordinateur embarqué de Phobos-1 éprouve des problèmes d'interprétation de commande à mi-chemin et cause l'épuisement des réserves énergétiques de l'engin. Phobos-2 obtient plusieurs images intéressantes de la lune martienne au cours des deux mois où elle est en orbite. Sa tentative de libérer ses deux modules d'atterrissage échoue cependant et épuise ses réserves de carburant.