Formation continue et tâches en attente d'une mission

Formation

Lorsque l'Agence spatiale canadienne (ASC) sélectionne de nouveaux candidats, les aspirants astronautes doivent d'abord retourner sur les « bancs d'école »!

Toutes les recrues doivent suivre une formation en trois étapes :

  1. Formation de base d'astronaute
  2. Formation continue et tâches en attente d'une mission
  3. Formation spécifique à une mission spatiale

Finalement, les astronautes formés et ayant reçu une affectation peuvent s'envoler dans l'espace pour effectuer une mission.

Une fois leur formation de base terminée et réussie, les recrues reçoivent officiellement le titre d'astronaute! À ce moment, leur travail ne fait que commencer. En attendant d'être affectés à une mission spatiale, les astronautes doivent à la fois :

  • soutenir les activités spatiales en collaboration avec les équipes au sol,
  • maintenir leurs acquis.

Travailler les deux pieds sur Terre

Formation robotique de David Saint-Jacques

L'astronaute David Saint-Jacques lors d'une formation en robotique à l'ASC, en mars 2014. (Source : ASC.)

Les astronautes canadiens ne travaillent pas uniquement dans l'espace, loin de là. Même si les missions à bord de la Station spatiale internationale (SSI) durent généralement six mois, les astronautes passent moins de 10 % de leur carrière en orbite!

Les astronautes canadiens actifs sont basés à Houston, au Texas, où ils travaillent au Centre spatial Johnson de la NASA.

Parmi leurs tâches sur Terre, les astronautes :

  • agissent comme capcom,
  • testent des procédures de robotique,
  • développent des chorégraphies de sorties dans l'espace,
  • forment d'autres astronautes,
  • sensibilisent les Canadiens à l'espace et motivent les jeunes à étudier en sciences et technologies,
  • effectuent toute autre tâche requise par l'ASC ou la NASA.

En attendant d'être affecté à une mission

Le reste du temps, les astronautes suivent des formations afin de maintenir leurs compétences dans une multitude de domaines. En voici quelques exemples.

Apprendre le russe

L'astronaute canadien Bob Thirsk

Robert Thirsk et ses coéquipiers d'Expedition 20/21 au moment d'une vérification des systèmes de la capsule Soyouz TMA-15. (Source : NASA/Victor Zelentsov.)

Dès leur recrutement, les astronautes canadiens commencent leur apprentissage du russe, qui se poursuit jusqu'à leur départ en mission spatiale.

À bord de la SSI, les deux langues officielles sont :

  • l'anglais,
  • le russe.

Toutefois, à bord de la capsule Soyouz, les astronautes doivent pouvoir communiquer exclusivement en russe avec le centre de contrôle de mission de Moscou.

Ils doivent connaître cette langue sur le bout de leurs doigts : peu importe s'il faut faire face au stress d'un lancement ou réagir à une situation d'urgence, la communication doit se faire sans problème!

Perfectionner leurs compétences médicales

David Saint-Jacques pendant un cours en dentisterie

David Saint-Jacques suit un cours intensif en dentisterie, en cas d'urgence dentaire dans l'espace. (Source : ASC.)

En 1973, le cosmonaute Youri Romanenko a eu un mal de dents lors de la mission Salyout 6. Il a souffert pendant deux semaines avant que l'équipage ne revienne sur Terre! C'est depuis cet incident que les astronautes sont formés en médecine dentaire.

Étant donné tous les risques des missions spatiales et les exigences de certaines expériences scientifiques, les astronautes doivent être en mesure, par exemple :

  • de faire des prises de sang,
  • de réaliser des échographies,
  • de pratiquer la réanimation cardiorespiratoire,
  • de faire des points de suture.

Dentisterie

Les urgences dentaires font aussi partie des imprévus médicaux auxquels les astronautes pourraient avoir à faire face en orbite! Le parcours de formation continue inclut une initiation à la médecine dentaire.

Participer à des activités de recherche-développement

Jeremy Hansen dans un hélicoptère

L'hélicoptère Bell 205 du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) transformé en atterrisseur lunaire. (Source : ASC.)

Certains astronautes peuvent contribuer à faire avancer les technologies spatiales.

Par exemple, Jeremy Hansen a subi un entraînement intensif de vol en hélicoptère, au Laboratoire de recherche en vol du CNRC. Ancien pilote de CF-18 de l'Aviation royale du Canada, on lui a demandé de mettre à l'épreuve des technologies du CNRC en simulant un atterrissage lunaire!

Ces vols ont permis à Jeremy d'évaluer la possibilité d'utiliser un hélicoptère Bell 205 comme simulateur d'atterrisseur planétaire. La technologie pourrait être commercialisée et mise à la disposition de l'industrie privée et d'autres agences spatiales.

Apprendre à survivre en conditions extrêmes

L'astronaute canadien Bob Thirsk

Robert Thirsk (à gauche) devant un module de descente Soyouz, lors d'un exercice de survie en plein hiver, en Russie. (Source : Roscosmos.)

À la fin d'une mission en orbite, les astronautes retournent sur Terre à bord d'une capsule Soyouz, vers un endroit désigné dans la plaine du Kazakhstan. Généralement, les équipes au sol parviennent à extraire les membres de l'équipage dans les minutes qui suivent leur atterrissage.

Toutefois, en cas d'imprévu ou de déviation de la trajectoire, les astronautes doivent être prêts à survivre en milieu éloigné ou hostile (p. ex. en mer, en forêt ou dans un désert), en été comme en hiver. Dans ce contexte, l'arrivée de l'équipe au sol pourrait prendre des heures, voire des jours!

De plus, ce genre de formation permet aux astronautes de renforcer :

  • leur esprit d'équipe,
  • leur capacité décisionnelle,
  • leur leadership.

Enfin, lorsque les astronautes sont affectés à une mission spatiale, ils peuvent commencer leur formation spécifique à cette mission.

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